03/12 la puissance des mantras (2) le son HAR

Hervé Bellut

Editorial de mars : la puissance des mantras (2) le son HAR

Nous avons vu le mois dernier le mantra « ONG », qui stimule la glande pinéale au niveau du sixième chakra, Ajna, également appelé le troisième œil, situé entre les deux sourcils. Comme le corps ne se limite pas à la tête, les mantras non plus.  Prenons le mantra « HAR » comme illustration.

A nouveau, partons des consignes qui nous sont  données dans les kriyas (série d’exercices) du kundalini yoga. Il est recommandé de prononcer « HAR » puissamment, en tirant le ventre en arrière. Le son vient du fond de la gorge et semble tirer sa puissance du ventre, le « hara » japonais, siège de la puissance de l’individu. C’est le troisième chakra, centre de l’ego et de l’affirmation de soi. Pas de souci. Tout correspond. Souvent prononcé dans une série de six « HAR » suivi d’un « HARI », dans une posture difficile à tenir, on ressent assez rapidement que c’est au niveau du ventre qu’on peut aller chercher la ressource et la puissance pour tenir jusqu’au bout  cette méditation difficile au caractère de chant martial assez marqué.

Prenons un peu de recul. On nous dit : « prononcez HAR puissamment en triant le ventre vers l’arrière ». Voyons cela. Posons la main sur le ventre et sortons un puissant « HAR ». C’est indéniable, non seulement tirer le ventre en arrière renforce la puissance du son, mais  il n’est même pas possible de faire autrement.  La consigne n’est donc là que pour nous inviter à renforcer l’action sur les muscles que nous impose la prononciation du mantra.

Quel est donc ce mystérieux effet qui est recherché à travers cet exercice ?

On constate qu’il s’agit bien une nouvelle fois* d’un travail des muscles internes, que visiblement le chant stimule, surtout lors d’attaques franches du son émis  et se demander si la pratique de ces exercices a le même effet sans prononcer le mantra, comme le font parfois certains élèves timides ou débutants. La réponse est clairement négative. L’effet de l’exercice est amplifié par le mantra qui agit comme une caisse de résonance. En émettant le son, on crée à la fois une vibration et une résistance physiologique sur laquelle s’appuient les muscles internes.  C’est comme lever le bras à vide ou avec des altères, ça change tout.

Concluons cet éditorial en rappelant qu’il ne faut pas confondre la pratique et la théorie.  Observer le fonctionnement physiologique lors de la prononciation des mantras n’apporte pas autre chose qu’une satisfaction  intellectuelle, mais à remettre à sa place, c’est-à-dire sans oublier qu’il ne s’agit que de petites observation qui ne sont données qu’à titre d’hypothèse.

En revanche, l’expérience, elle, s’adresse à toutes les dimensions de notre être et surpasse largement ces tergiversations. Alors, avec ou sans support musical, seul ou en groupe, rien ne vaut la pratique.

Bonne pratique

Hervé Bellut

Association "Le Cyclamen blanc"

Cours de kundalini yoga

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Note : Ces notions semblent subtiles, parfois à peine crédibles, tant nous nous sommes éloignés du ressenti de nos corps. Pourtant, une simple expérience permet de réaliser  « qu’il se passe des choses ». Essayez, en courant à pied en endurance, de le faire la bouche grande ouverte, en respirant ainsi silencieusement et sans créer de résistance au passage de l’air. C’est très difficile, on s’étouffe. La raison est simple. La résistance au niveau du passage de l’air, créé en gonflant les joues ou mettant la bouche en « o », entraîne une différence de pressions entre l’extérieur et les poumons, et c’est cette pression osmotique qui permet aux molécules d’oxygène et de gaz carbonique de passer les parois des alvéoles pulmonaires entre le sang et l’air des poumons. Cela explique également pourquoi les karatékas prononcent un puissant cri lors d’un coup très fort.

 

* Lire l’éditorial sur la montée de kundalini, en particulier le paragraphe concernant les fermetures (bandas)

 

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