Plus belle la vie en maison de retraite 1 Le choc du premier contact

Plus belle la vie en maison de retraite 1 : Le choc du premier contact

S’il existe pour chacun un organisateur invisible des évènements de sa vie, le mien a de la suite dans les idées. Il avait visiblement l’intention de me donner une nouvelle leçon de vie en côtoyant des personnes des troisième et quatrième âges et il a fait preuve de ténacité pour arriver à son objectif.

Tout avait commencé en 2010. J’avais l’intention de proposer mes services aux entreprises en gestion du stress et je m’étais donc rapproché d’une société de portage salarial. Celle-ci organisait chaque mois une rencontre et je présentais ce jour-là mon projet, intitulé « yoga, développement personnel et possibilités d’application en entreprise ». Il n’était pas dans mes intentions de brusquer les participants en leur proposant une séance de yoga, mais plutôt d’y aller crescendo, en parlant d’abord le langage de l’entreprise. En commençant par respirer en conscience, assis sur des chaises, nous en sommes arrivés à une petite pratique commune à tous. L’effet a été très relaxant, et les témoignages de satisfactions m’ont démontrés que j’avais atteint mon objectif. Une femme s’est alors présentée à moi. Après m’avoir remercié, elle m’a informé qu’elle allait prendre la direction d’un EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) et elle m’a demandé si cela m’intéresserait de venir proposer ce type d’animation. J’ai répondu positivement, tout en me disant que si elle m’avait directement connu en cours de kundalini yoga,  très physique, elle n’aurait jamais eu l’idée de me proposer cela. Puis, j’ai oublié.

Six mois plus tard, nous prenions un premier contact téléphonique, suivi d’un rendez-vous dans la maison de retraite, accompagné par une amie enseignant le Qi Gong.

Je n’avais jamais approché de près une maison de retraite et ce premier contact a été un choc. Dans une grande et belle salle, confortable et décorée, plusieurs dizaines de personnes âgées étaient réunies. Assises sur des chaises ou des fauteuils roulants, elles semblaient attendre. Aucune parole échangée, c’est dans un grand silence que j’ai senti leurs regards se tourner vers moi, bien souvent sans même le moindre étonnement ni la moindre curiosité. Il m’a semblé percevoir une grande lassitude, et de la tristesse, en ce lieu occupé par tant de personnes et si peu d’humanité.

Si peu d’humanité… en apparence. Je me rends compte deux ans plus tard que je vis chaque semaine une de mes expériences humaines les plus intenses en intervenant dans ce lieu, dans le contact direct avec des résidents qui ne communiquent plus par la parole, mais beaucoup par le regard, si tant est qu’on ose les regarder vraiment dans les yeux.

 

 

 

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