Plus belle la vie en maison de retraite 5 Rire avec les Alzheimer

1.     Plus belle la vie en maison de retraite 5 : Rire avec les Alzheimer

 

L’autre jour, sans l’avoir prémédité, j’ai innové. Comment ? Tout simplement en animant fortuitement une séance de rire avec mes résidents.

C’est arrivé par hasard. Sur la petite dizaine de personnes présentes dans cet espace de vie protégé, seules cinq sont capables de s’asseoir autour de la table, les autres restant, pour la plupart, sur le canapé, les yeux fermés, presque insensibles à toute stimulation. Je me plais à supposer que lorsque nous chantons, ils profitent de l’ambiance plus joyeuse que nous développons.

Après avoir assis les « participants », c’est pas gagné pour autant. Je leur distribue des baguettes pour taper en rythme. Trois seulement sont capables de tenir les baguettes, et deux peuvent taper un rythme simple, comme marquer la seconde. Quant à chanter, en gros, il y en a une… et demi puisque certains me suivent lorsque je les regarde dans les yeux et les invite à chanter.

Alors, j’alterne un peu les activités, notamment en les faisant s’applaudir : un, deux, un, deux, trois, répété trois fois en rythme. Et souvent, nous ne sommes que deux ou trois à le faire. Cette situation pourrait être perçue comme décourageante mais, jusqu’à présent, je n’ai pas perdu mon enthousiasme, alors ça va. Je teste, j’essaye de nouvelles animations, de nouvelles stimulations qui, parfois, fonctionnent, mais bien souvent tombent à plat et, en tant qu’animateur, je suis parfaitement ridicule, ce qui me fait plutôt rire de moi-même. Bien sûr, lorsque du personnel soignant, des familles ou du personnel d’entretien passe dans la pièce, une petite partie en moi est touchée. D’autant plus que je suis conscient de ne pas être un bon musicien (c’est en tant que professeur de yoga que j’avais approché cette EHPAD), mais comme le chant est l’animation qui marche le mieux, je le fais tout de même. Mon slogan est devenu : « je ne sais pas chanter, j’OSE chanter ». Et c’est grâce à cette attitude que nous nous retrouvons à plusieurs à chanter, alliant dans une même émotion les familles, le personnel soignant et ces résidents qui ne sont plus tout à fait eux-mêmes, mais sont encore aimés comme lorsqu’ils avaient toutes leurs facultés.

C’est lors d’une séance d’applaudissement : « UN, DEUX, UN, DEUX, TROIS », que j’ai eu l’idée de tester le rire. Dans les ateliers du rire, on utilise une séance « HO, HO, HA, HA, HA » répétée plusieurs fois en tapant des mains, puis on ajoute d’autres exercices de rire forcés, jusqu’à déclencher un rire sincère.

Devant la faiblesse de réaction à l’applaudissement, j’ai tenté la version « Rire ».

Je peux le dire franchement : C’est le public le plus difficile avec lequel j’ai tenté cette expérience. C’est un peu comme allumer du feu avec du bois vert et mouillé.

Cependant, nous avons ri. Un peu. Un tout petit peu.

Pourtant, je suis certain qu’il y a une piste à creuser, que rire est un extraordinaire outil de guérison, d’humanisation dirais-je. Le rire n’est-il pas le propre de l’homme ?

Nous rions de moins en moins dans nos sociétés modernes. Il n’est donc pas étonnant que ce ne soit pas le cas non plus en maison de retraite. Apporter du rire et de la joie dans ces lieux est un vaste défi. Plus nous serons nombreux à l’endosser, mieux ce sera.

Bon rire…

Hervé

 

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