quel avenir pour nos activites 2

Quel avenir pour les activités économiques (2/4) ?

Avons-nous manqué quelque chose ou sommes-nous juste en transition ?

Un autre angle de vue est possible. Partons de cette situation d’abondance et de perte ou affadissement du bonheur. Nous savons que les Français ne sont pas les champions du bonheur. Tout voyageur a croisé des populations démunies de presque tout souriant et riant à longueur de journée. Les cabinets des psychologues sont pleins de ces personnes, « ayant tout pour être heureuses », et s’enfonçant dans la dépression. Retrouver la joie, ou un sens à la vie, est un véritable chantier, pour lequel il y a beaucoup à faire. Il n’est pas étonnant dans ces conditions de voir émerger de nouveaux services et de nouvelles activités, de loisir, de détente, de recherche de sens, thérapeutiques ou spirituelles. Cette recherche de sens se traduit pour beaucoup par des modifications des valeurs. Ainsi, le respect de l’écologie et de la nature, l’alimentation saine et les médecines dites « douces », chercher à « être » plutôt que « paraître » et « avoir », redécouvrir, honorer et respecter les valeurs féminines, ainsi que l’étranger qui est alors considéré comme un alter ego dont la fréquentation est perçue comme un enrichissement plutôt qu’une menace. Et même, au final, s’atteler à se changer soi-même plutôt que d’exiger le changement à l’extérieur, dans le but de contribuer à un monde différent. Etre soi-même le changement que l’on souhaite voir dans le monde, comme le disait Gandhi.

 

Ces valeurs sont partagées par un pourcentage de plus en plus important de la population. Ils ont été appelé les créatifs culturels[i], ou les alter-créatifs, selon leur niveau d’implication, et représentent une force silencieuse qui ferait pâlir d’envie bien des leaders politiques. Mais justement ces créatifs culturels se détournent bien souvent d’eux, convaincus que la solution n’est pas politique.

Loisirs, commerce équitable, agriculture bio, économie sociale et solidaire, bien-être, développement personnel, thérapies, culture, économie du partage… A bien y regarder, de nombreux secteurs professionnels gravitent autour de ces pôles et créent de nouvelles activités, générant du sens et du mieux-être. Si nous reprenons l’échelle des besoins, nous nous situons au point où la recherche avide de bonheur par la valorisation de l’ego n’apporte plus de satisfaction, ouvrant la porte vers plus de partage, de fraternité, à travers une nouvelle tournure d’esprit et une nouvelle approche de soi et de l’autre. Il s’agit là de l’émergence de tout un nouveau secteur économique, qui intègre, et c’est ce qui est nouveau, les dimensions de spiritualité - comblant le fossé laissé à la pace qu’occupait encore récemment la religion - et de thérapie, parce qu’il commence à être compris que le bonheur ne se trouve pas à l’extérieur, mais à l’intérieur de chacun, et que pour y accéder, il est souvent nécessaire de guérir les blessures qui se sont accumulées durant des générations de survie sans se soucier d’autre chose que du vital et de l’essentiel. Toutes ces activités peuvent être regroupées sous l’appellation d’une nouvelle ère en gestation, celle de la conscience, en succession naturelle à celle de la communication.

Admettons donc qu’apporter du mieux-être à toutes ces personnes qui souffrent sans vraiment savoir pourquoi[1] ne se fera pas sans ressources humaines, et que, justement, les secteurs précédents commencent à en libérer en grande quantité. Cela peut effectivement créer de nouveaux métiers, de nouvelles activités et valeurs d’échange, relançant ainsi cette fameuse consommation. Mais, cette fois-ci, sur des bases ne nécessitant pas de ressources matérielles. Mieux, le travail sur soi entrainant, normalement, un dépassement du mode de fonctionnement égoïste pour aller vers plus d’altruisme, il permet naturellement de dépasser l’avidité, et donc de se contenter de moins. Un bel espoir par rapport à notre impasse liée à l’épuisement des ressources. Cela peut marcher localement, à l’échelle d’une ville, voire d’un pays …

 



[1] Plaçons-nous à nouveau du point de vue des générations précédentes qui n’osaient pas espérer ce que nous avons



[i] Note concernant les créatifs culturels. En 2000, le sociologue américain Paul Ray et la psychologue américaine Sherry Anderson ont publié un livre intitulé : The Cultural Creatives: How 50 Million People Are Changing the World (Harmony Books, Oct 2000), traduit en français aux éditions Yves Michel, sous le titre: L'émergence des créatifs culturels. Enquête sur les acteurs d'un changement de société. Ils ont montré qu'une part importante de la population américaine, entre un cinquième et un quart, adhère à des valeurs communes, sans faire partie d'un système permettant de les identifier facilement. Il s'agit d'un mouvement de fond silencieux et discret, mais inéluctable. Ces personnes disent se retrouver dans les six pôles de valeurs suivantes :

  • Ecologie : Mode de consommation fondé sur le respect et la reconnaissance de la valeur de l'environnement (respect de la nature, consommation d'aliments biologiques, utilisation de la médecine naturelle…). C'est une prise de conscience des équilibres écologiques, dont l'homme fait partie et qu'il doit respecter.
  • Place du féminin : Conscience des valeurs féminines (sensibilité, compréhension, intuition féminine), mais également place des femmes dans la sphère publique, coopération et préoccupation par rapport à la violence…. C'est un rééquilibrage par rapport aux valeurs masculines, voire machistes, dont notre société patriarcale est fortement imprégnée.
  • Etre plutôt que paraître et avoir : Prédominance de l'être sur l'avoir et le paraître. La valeur intrinsèque des individus est plus importante que ses possessions ou ses apparences. Cela rejoint ce que disait Antoine Saint Exupéry[i] : "On ne voit qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux"
  • Développement personnel et spiritualité : Quête humaine tournée vers l'intérieur et l'extérieur (connaissance de soi, ouverture aux autres, dimension spirituelle), à travers des démarches concrètes (stages, thérapies, yoga…).
  • Implication sociétale : Implication individuelle et solidaire dans la société, dans le social avec une dimension locale. Bénévolat, actions associatives…
  • Ouverture multiculturelle : Ouverture culturelle (respect des différences et de la multiculturalité).

Lors de cette enquête, en 2000, les créatifs culturels représentaient 20 à 25% de la population des Etats-Unis. D'après un nouveau sondage réalisé aux États-Unis par Paul Ray, dans l'objectif d'actualiser les données présentes sur les Créatifs Culturels, ils composeraient désormais (en 2008) 34,9% de la population nord-américaine adulte, soit 80 millions de personnes, et entre 33 et 37% de la population adulte d'Europe de l'Ouest, et du Japon, soit une moyenne de 35%.  On note également dans l'enquête initiale que les créatifs culturels n'ont pas la conscience d'exister. Ce sont des personnes qui décident, indépendamment les unes des autres, de se mettre en marge des valeurs habituellement portées et mises en avant par nos sociétés.

 

 

Commentaires  

 
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