quel avenir pour nos activités 3

Quel avenir pour les activités économiques (3/4) ?

Mais qu’en est-il des échanges internationaux ?

C’est le deuxième point que j’ai nommé « problème majeur » dans les lignes précédentes.

La tendance actuelle, qui ne date pas d’hier, est un déplacement des pôles industriels vers des pays où la main d’œuvre est bon marché. Le mouvement a démarré avec les produits à faible matière grise, ce n’est plus le cas aujourd’hui, les cerveaux d’ailleurs n’ayant pas de raison de moins bien fonctionner que ceux d’ici, rien ne s’oppose au transfert de la richesse intellectuelle, pur produit de l’ère de la communication. Sur ce plan, les pays occidentaux, dont la France, gardent encore quelques atouts, qu’il s’agit éventuellement de faire prospérer.

S’il est souhaitable, et peut-être même inéluctable, d’aller explorer les domaines de l’épanouissement au sens large, nous avons toujours besoin des produits des ères précédentes. En dépit de l’émergence des produits de la communication, ce sont principalement les produits manufacturés et les matières premières qui nourrissent les échanges internationaux. Et en France, nous en manquons cruellement.

D’où l’idée très en vogue de chercher à relancer notre industrie, en s’alignant sur la concurrence internationale. En supposant que nous puissions être compétitifs sur certaines niches, cette stratégie semble faire machine arrière. Nous devons continuer à chercher vers l’avant notre recherche du bonheur, et cela passe par le développement de cette ère de la conscience, avec les secteurs du mieux-être, des loisirs, de la thérapie et de la spiritualité, la culture, l’économie sociale et solidaire…

En quoi cela peut-il constituer un modèle économique ? Difficile à dire pour l’instant. Dans tout changement de paradigme, comme c’est le cas aujourd’hui, on ne voit émerger le nouveau qu’en regardant dans une autre direction, comme nos jardiniers qui ne voient pas les nouvelles pousses.

Pour autant, on peut capter certains signaux. En voici un.

Imaginons-nous dans les années 1900, ou un peu avant. A l’époque, faire du sport « gratuitement » paraitrait tout à fait incongru. On s’épuisait aux champs et à l’usine, alors pas question d’aller se fatiguer pour rien. Il est inimaginable d’expliquer à une personne de cette époque qu’un footballeur gagnera beaucoup plus un siècle plus tard qu’un propriétaire terrien, un médecin ou un professeur, elle vous traiterait de fou, d’utopiste.

Cependant, c’est bien la réalité d’aujourd’hui. C’est parce que nous avons disposé de temps libre pour regarder la télévision et nous passionner pour nos équipes de football que cette activité a pu grandir et qu’elle brasse aujourd’hui des milliards d’euros. C’est une activité typique de l’ère de la communication, et il paraîtrait farfelu à notre habitant du début du vingtième siècle que ce type d’activité puisse générer des échanges monétaires, déjà localement, mais encore moins de façon internationale.

Regardons nos actualités du début 2013. Le plus grand club de foot français, le PSG, est devenu si cher qu’il a été racheté par des propriétaires venant du Qatar. Les premiers ont développé un club de football, soit une activité inexistante et sans valeur potentielle pour notre habitant du XIX° siècle, qu’ils ont échangé contre du pétrole, soit une matière première (remarquons qu’à l’époque citée, le pétrole n’avait pas la même valeur qu’aujourd’hui). Pétrole contre image. Produit de base de la première ère, contre produit de l’ère de la communication.

Cet évènement nous montre qu’il est possible de continuer à avancer, que cela pourra générer des valeurs d’échanges et qu’il est légitime d’essayer d’en imaginer les ressources.

Comme les motos, ordinateurs, écrans plats ou autres produits asiatiques qui sont des existants bien palpables (de même que les factures qui vont avec), il faut imaginer des produits français issus de l’ère de la conscience qui pourront faire valeur d’échange.

Reconnaissons que le sujet est ardu. Nous sommes dans un changement de paradigme, difficile d’imaginer le nouveau modèle avec les outils existants et l’ancienne façon de raisonner.

Essayons tout de même.

« Vendre de l’art de vivre à la française »

 

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